Jump to content
La Pérouse

Poésie et jolis mots

Recommended Posts

Voilà un titre sans ambiguité : le sujet est clair et simple. Comme il y avait déjà un post sur "la [mu]sique qui [vous] touche l'âme", je me suis dit que ça plairait peut-être à certains avec qui j'ai pu en discuter de plonger dans les Belles Lettres tracées par nos glorieux aînés.

 

Je commence petit bras avec un bon ami à moi :

 

"Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

[...]

Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit. L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. A cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine toute humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."

 

rPiEiDMDOcrbd.jpg

Albert Camus

 


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Quand ta vie se traîne
Quand t'as de la peine
Quand personne t'aime
Que t'as des problèmes
Quand la vie est dure
Plus d'une aventure
Rien que des blessures
Vilaine figure
Ne pleure pas
Ne t'en fais pas
Regarde-moi
Et n'oublie pas

 

Le petit bonhomme en mousse
Qui s'élance et rate le plongeoir
C'est comme la chanson douce
Que chantait ta maman le soir
La petite, petite marionnette
Qui s'étale et qui s'entête
C'est l'enfance qui revient
Le soir où tu as du chagrin

 

:ughh:

Edited by arnfantomas

Share this post


Link to post

Ah, les méfaits de l'Alcool. Baudelaire reviendrait aujourd'hui, il bosserait dans le grand Cabaret de Sébastien pour nourrir son Spleen. :D


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Baudelaire reviendrait aujourd'hui,

 

Baudelaire ? Tiens, le voilà:

 

XXIX - Une Charogne

 

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,

Ce beau matin d'été si doux:

Au détour d'un sentier une charogne infâme

Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,

Brûlante et suant les poisons,

Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique

Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,

Comme afin de la cuire à point,

Et de rendre au centuple à la grande Nature

Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe

Comme une fleur s'épanouir.

La puanteur était si forte, que sur l'herbe

Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,

D'où sortaient de noirs bataillons

De larves, qui coulaient comme un épais liquide

Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague

Ou s'élançait en pétillant

On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,

Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,

Comme l'eau courante et le vent,

Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique

Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,

Une ébauche lente à venir

Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève

Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète

Nous regardait d'un oeil fâché, 

Epiant le moment de reprendre au squelette

Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

A cette horrible infection, 

Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,

Apres les derniers sacrements,

Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,

Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

Qui vous mangera de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

De mes amours décomposés !


hHicGsPnhRbMM.png

Share this post


Link to post

Ouais, la classe quand même ce Jean-Michel Baudelaire. En fait, il reviendrait maintenant, je pense qu'il foutrait plutôt le feu à Patrick Sébastien.

En amoureux des voyages, j'aime bien cet extrait du Voyage :

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,

Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

 

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !

Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

On aurait pu mettre ceci à l'entrée, La Pérouse:

 

Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz,

Vieux matagotz, marmiteux borsouflés,
Torcoulx, badaux, plus que n'estoient les Gots,
Ny Ostrogotz, precurseurs des magotz :
Haires, cagotz, cafars empantouflés,
Gueux mitouflés, frapparts escorniflés,
Befflés, enflés, fagoteurs de tabus ;
Tirez ailleurs pour vendre vos abus.

 

Vos abus meschans
Rempliroient mes champs
De meschanceté ;
Et par faulseté
Troubleroient mes chants
Vos abus meschans.

 

Cy n'entrez pas, maschefains practiciens,
Clercs, basauchiens, mangeurs du populaire,
Officiaux, scribes & pharisiens,
Juges anciens, qui les bons parroiciens
Ainsi que chiens mettez au capulaire ;
Vostre salaire est au patibulaire.
Allez y braire : icy n'est faict excès
Dont en vos cours on deust mouvoir procès.

 

Procès & debatz
Peu font cy d'esbatz,
Où l'on vient s'esbatre.
A vous, pour debatre
Soient en pleins cabatz
Procès & debatz.

 

Cy n'entrez pas, vous usuriers chichars,
Briffaulx, leschars, qui toujours amassez,
Grippeminaux, avalleurs de frimars,
Courbés, camars, qui en vos coquemars
De mille marcs ja n'auriez assez.
Poinct esgassés n'estes quand cabassez
Et entassez, poiltrons à chicheface :
La male mort en ce pas vous deface !

 

Face non humaine
De telz gens, qu'on mene
Braire ailleurs : céans
Ne seroit séans.
Vuidez ce dommaine,
Face non humaine.

 

Cy n'entrez pas, vous rassotés mastins,
Soirs ny matins, vieux chagrins, & jaloux,
Ny vous aussi, seditieux mutins,
Larves, lutins, de Dangier palatins,
Grecs ou Latins, plus à craindre que loups ;
Ny vous galoux, verolés jusqu'à l'ous ;
Portez voz loups ailleurs paistre en bon heur,
Croustelevés, remplis de deshonneur.


hHicGsPnhRbMM.png

Share this post


Link to post

Une pie volait

Un hanneton passait par là

 

La pie le vit et voulu le happer

Mais le rata 

 

Moralité : Quel beau morceau que la pie n'happa pas.


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Puisque nous sommes lancé dans Baudelaire, le mort joyeux :

 

Dans une terre grasse et pleine d'escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde,

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.

 

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;

Plutôt que d'implorer une larme du monde,

Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux

A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

 

O vers! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux,

Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;

Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

 

A travers ma ruine allez donc sans remords,

Et dites-moi s'il est encore quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !

Share this post


Link to post

Si tu bois, tu meurs.

Si tu bois pas, tu meurs.

Bois.

Presque un Haiku. C'est breton ?

 

On aurait pu mettre ceci à l'entrée, La Pérouse:

 

Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz,

Vieux matagotz, marmiteux borsouflés,

Torcoulx, badaux, plus que n'estoient les Gots,

Ny Ostrogotz, precurseurs des magotz :

Haires, cagotz, cafars empantouflés,

Gueux mitouflés, frapparts escorniflés,

Befflés, enflés, fagoteurs de tabus ;

Tirez ailleurs pour vendre vos abus.

C'est de qui ? Tu es allé la chercher loin celle-là.


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Nan surement polonais venant de Warchlak.


"Mourir ne change rien à la vie" - Les Cochons de Guerre, PSX


ruban_4ans.gif ruban_fs_core.png ruban_crl.png ecfebOHDBcieE.png ruban_anschluss.png

Share this post


Link to post

Puisque nous sommes lancé dans Baudelaire, le mort joyeux :

Dans une terre grasse et pleine d'escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde,

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;

Plutôt que d'implorer une larme du monde,

Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux

A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

O vers! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux,

Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;

Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,

Et dites-moi s'il est encore quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !

Hey, Val', alors, Spleen ? Ou Idéal ?


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Hey, Val', alors, Spleen ? Ou Idéal ?

 

Les Fleurs du mal, mon cher.

 

Et je vous livre en sus un sonnet assez classique de mon cru (avec l'aide de notre ami le comte), Quarantaine :

 

Quand je peine dans la nuit, et succombe à la haine,
Un soir plein de Picon, fin beurré jusqu'au fond,
Avec tant de flacons, juste entouré de cons,
Rien qu'une fois, rien qu'une, je veux ma quarantaine.
 
Avec une vile ardeur, là voici la vilaine ;
N'étant qu'un sale fardeau, voulant me tourner rond,
Tant qu'à la fin accourent chandelles et violons,
Alors Wodka laisse-moi, seul dans ma quarantaine.
 
Ils voudraient faire de moi le plus vitreux des rois ;
N'en déplaise à certains, ce n'est pas l'adagio,
Ethanol de malheur, ton poison tu distilles.
 
Il ne sera pas dit que je suis ton héraut :
Nous ne ferons plus qu'un, tu finiras en moi,
Enfin triste vainqueur, toi qui fut le plus vil.
 
 
Et une bien plus simple paréchèse :
En effet, c'est un fait, c'est infect.
 
(que j'utilise assez souvent pour dire que quelque chose n'est pas à mon gout. :smug: )
Edited by Valfoutre

Share this post


Link to post

Personne n'a aimé ma petite fable ? :emot-qq:

Si, mais mon téléphone a commencé à planter le html hier soir. Impossible de répondre. :-)

 

Les Fleurs du mal, mon cher.

 

Et je vous livre en sus un sonnet assez classique de mon cru (avec l'aide de notre ami le comte), Quarantaine :

 

Quand je peine dans la nuit, et succombe à la haine,

Un soir plein de Picon, fin beurré jusqu'au fond,

Avec tant de flacons, juste entouré de cons,

Rien qu'une fois, rien qu'une, je veux ma quarantaine.

 

Avec une vile ardeur, là voici la vilaine ;

N'étant qu'un sale fardeau, voulant me tourner rond,

Tant qu'à la fin accourent chandelles et violons,

Alors Wodka laisse-moi, seul dans ma quarantaine.

 

Ils voudraient faire de moi le plus vitreux des rois ;

N'en déplaise à certains, ce n'est pas l'adagio,

Ethanol de malheur, ton poison tu distilles.

 

Il ne sera pas dit que je suis ton héraut :

Nous ne ferons plus qu'un, tu finiras en moi,

Enfin triste vainqueur, toi qui fut le plus vil.

 

 

Et une bien plus simple paréchèse :

En effet, c'est un fait, c'est infect.

 

(que j'utilise assez souvent pour dire que quelque chose n'est pas à mon gout. :smug: )

Tssss, c'était une question sur ton humeur. Donc Spleen ET Idéal, visiblement. Sinon, très joli boulot. Il n'y a, à ma connaissance, que le virtuose Major et l'excellent Benache pour croiser ainsi la plume. :-)


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour ?

 

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir !

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.

 

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

 

" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;

Il coule, et nous passons ! "

 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,

Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur ?

 

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !

 

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez ?

 

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !

Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !

 

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux.

 

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés.

 

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : Ils ont aimé !

 

edFopPcBiRIAr.jpg


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post
Un petit caillou par moi déposé

Dans ce temple des belles lettres

Par d’esthètes batraciens érigé.

Qui se révèle un travail de maitre,

Une pierre angulaire par Villon ciselée.

 

Bwarf !! Si avec ça j'ai pas ma place au panthéon .....

Mais écoutons plutôt maitre Villon ...

 

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Villon, Epitaphe Villon ou ballade des pendus

Share this post


Link to post

Ah, François Villon, un sacré drille, le bougre. Et il le savait :

 

Au moins sera de moy mémoire / Telle qu’elle est d’un bon follastre.

 

Il alliait l'art du bon mot, du bon mets, du bon verre et du bon vivre, libre.


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

LA MUSE

 

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

 

Alfred de Musset


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Adaptation du japonais pour le coller au francais:

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés

Pour nous, pour notre dignité

Et plus important... pour notre crédibilité!

Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.

Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer.

Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer.

N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié.

Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.

 

Soldats, chargez!

Un point à celui qui trouve d'où ca vient.

Edited by MADcompany

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
Soldats, chargez! http://www.wotreplays.com/uploader/MADcompany/id/261408
 

Membre du Shindai Senkai Sensen

 

Angel_beats_SSS_logo.PNGAngel+Beat+fin.JPG

 

Share this post


Link to post

Adaptation du japonais pour le coller au francais:

Un point à celui qui trouve d'où ca vient.

 

Alors je te cite : "La mienne est une version réarrangée pour rimer en francais du speech tiré d'un poeme japonais de Kaname Chidori avant d'attaquer Sosuke lors de la sortie de la classe d'art dans Full metal panic Fumoffu".  ;-)


Modéré par AnonyFrog: merci de poster des images en https uniquement.

Share this post


Link to post

Create an account or sign in to comment

You need to be a member in order to leave a comment

Create an account

Sign up for a new account in our community. It's easy!

Register a new account

Sign in

Already have an account? Sign in here.

Sign In Now

×
×
  • Create New...