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La Pérouse

Poésie et jolis mots

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Voilà un titre sans ambiguité : le sujet est clair et simple. Comme il y avait déjà un post sur "la [mu]sique qui [vous] touche l'âme", je me suis dit que ça plairait peut-être à certains avec qui j'ai pu en discuter de plonger dans les Belles Lettres tracées par nos glorieux aînés.

 

Je commence petit bras avec un bon ami à moi :

 

"Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

[...]

Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit. L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. A cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine toute humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."

 

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Albert Camus

 


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Quand ta vie se traîne
Quand t'as de la peine
Quand personne t'aime
Que t'as des problèmes
Quand la vie est dure
Plus d'une aventure
Rien que des blessures
Vilaine figure
Ne pleure pas
Ne t'en fais pas
Regarde-moi
Et n'oublie pas

 

Le petit bonhomme en mousse
Qui s'élance et rate le plongeoir
C'est comme la chanson douce
Que chantait ta maman le soir
La petite, petite marionnette
Qui s'étale et qui s'entête
C'est l'enfance qui revient
Le soir où tu as du chagrin

 

:ughh:

Edited by arnfantomas

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Ah, les méfaits de l'Alcool. Baudelaire reviendrait aujourd'hui, il bosserait dans le grand Cabaret de Sébastien pour nourrir son Spleen. :D


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Baudelaire reviendrait aujourd'hui,

 

Baudelaire ? Tiens, le voilà:

 

XXIX - Une Charogne

 

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,

Ce beau matin d'été si doux:

Au détour d'un sentier une charogne infâme

Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,

Brûlante et suant les poisons,

Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique

Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,

Comme afin de la cuire à point,

Et de rendre au centuple à la grande Nature

Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe

Comme une fleur s'épanouir.

La puanteur était si forte, que sur l'herbe

Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,

D'où sortaient de noirs bataillons

De larves, qui coulaient comme un épais liquide

Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague

Ou s'élançait en pétillant

On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,

Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,

Comme l'eau courante et le vent,

Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique

Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,

Une ébauche lente à venir

Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève

Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète

Nous regardait d'un oeil fâché, 

Epiant le moment de reprendre au squelette

Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,

A cette horrible infection, 

Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,

Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,

Apres les derniers sacrements,

Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,

Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine

Qui vous mangera de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

De mes amours décomposés !


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Ouais, la classe quand même ce Jean-Michel Baudelaire. En fait, il reviendrait maintenant, je pense qu'il foutrait plutôt le feu à Patrick Sébastien.

En amoureux des voyages, j'aime bien cet extrait du Voyage :

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !

Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !

Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,

Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

 

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !

Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?

Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !


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On aurait pu mettre ceci à l'entrée, La Pérouse:

 

Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz,

Vieux matagotz, marmiteux borsouflés,
Torcoulx, badaux, plus que n'estoient les Gots,
Ny Ostrogotz, precurseurs des magotz :
Haires, cagotz, cafars empantouflés,
Gueux mitouflés, frapparts escorniflés,
Befflés, enflés, fagoteurs de tabus ;
Tirez ailleurs pour vendre vos abus.

 

Vos abus meschans
Rempliroient mes champs
De meschanceté ;
Et par faulseté
Troubleroient mes chants
Vos abus meschans.

 

Cy n'entrez pas, maschefains practiciens,
Clercs, basauchiens, mangeurs du populaire,
Officiaux, scribes & pharisiens,
Juges anciens, qui les bons parroiciens
Ainsi que chiens mettez au capulaire ;
Vostre salaire est au patibulaire.
Allez y braire : icy n'est faict excès
Dont en vos cours on deust mouvoir procès.

 

Procès & debatz
Peu font cy d'esbatz,
Où l'on vient s'esbatre.
A vous, pour debatre
Soient en pleins cabatz
Procès & debatz.

 

Cy n'entrez pas, vous usuriers chichars,
Briffaulx, leschars, qui toujours amassez,
Grippeminaux, avalleurs de frimars,
Courbés, camars, qui en vos coquemars
De mille marcs ja n'auriez assez.
Poinct esgassés n'estes quand cabassez
Et entassez, poiltrons à chicheface :
La male mort en ce pas vous deface !

 

Face non humaine
De telz gens, qu'on mene
Braire ailleurs : céans
Ne seroit séans.
Vuidez ce dommaine,
Face non humaine.

 

Cy n'entrez pas, vous rassotés mastins,
Soirs ny matins, vieux chagrins, & jaloux,
Ny vous aussi, seditieux mutins,
Larves, lutins, de Dangier palatins,
Grecs ou Latins, plus à craindre que loups ;
Ny vous galoux, verolés jusqu'à l'ous ;
Portez voz loups ailleurs paistre en bon heur,
Croustelevés, remplis de deshonneur.


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Une pie volait

Un hanneton passait par là

 

La pie le vit et voulu le happer

Mais le rata 

 

Moralité : Quel beau morceau que la pie n'happa pas.


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Puisque nous sommes lancé dans Baudelaire, le mort joyeux :

 

Dans une terre grasse et pleine d'escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde,

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.

 

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;

Plutôt que d'implorer une larme du monde,

Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux

A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

 

O vers! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux,

Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;

Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

 

A travers ma ruine allez donc sans remords,

Et dites-moi s'il est encore quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !

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Si tu bois, tu meurs.

Si tu bois pas, tu meurs.

Bois.

Presque un Haiku. C'est breton ?

 

On aurait pu mettre ceci à l'entrée, La Pérouse:

 

Cy n'entrez pas, hypocrites, bigotz,

Vieux matagotz, marmiteux borsouflés,

Torcoulx, badaux, plus que n'estoient les Gots,

Ny Ostrogotz, precurseurs des magotz :

Haires, cagotz, cafars empantouflés,

Gueux mitouflés, frapparts escorniflés,

Befflés, enflés, fagoteurs de tabus ;

Tirez ailleurs pour vendre vos abus.

C'est de qui ? Tu es allé la chercher loin celle-là.


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Nan surement polonais venant de Warchlak.


"Mourir ne change rien à la vie" - Les Cochons de Guerre, PSX


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Puisque nous sommes lancé dans Baudelaire, le mort joyeux :

Dans une terre grasse et pleine d'escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde,

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde.

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;

Plutôt que d'implorer une larme du monde,

Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux

A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

O vers! Noirs compagnons sans oreille et sans yeux,

Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ;

Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,

Et dites-moi s'il est encore quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !

Hey, Val', alors, Spleen ? Ou Idéal ?


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Hey, Val', alors, Spleen ? Ou Idéal ?

 

Les Fleurs du mal, mon cher.

 

Et je vous livre en sus un sonnet assez classique de mon cru (avec l'aide de notre ami le comte), Quarantaine :

 

Quand je peine dans la nuit, et succombe à la haine,
Un soir plein de Picon, fin beurré jusqu'au fond,
Avec tant de flacons, juste entouré de cons,
Rien qu'une fois, rien qu'une, je veux ma quarantaine.
 
Avec une vile ardeur, là voici la vilaine ;
N'étant qu'un sale fardeau, voulant me tourner rond,
Tant qu'à la fin accourent chandelles et violons,
Alors Wodka laisse-moi, seul dans ma quarantaine.
 
Ils voudraient faire de moi le plus vitreux des rois ;
N'en déplaise à certains, ce n'est pas l'adagio,
Ethanol de malheur, ton poison tu distilles.
 
Il ne sera pas dit que je suis ton héraut :
Nous ne ferons plus qu'un, tu finiras en moi,
Enfin triste vainqueur, toi qui fut le plus vil.
 
 
Et une bien plus simple paréchèse :
En effet, c'est un fait, c'est infect.
 
(que j'utilise assez souvent pour dire que quelque chose n'est pas à mon gout. :smug: )
Edited by Valfoutre

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Personne n'a aimé ma petite fable ? :emot-qq:

Si, mais mon téléphone a commencé à planter le html hier soir. Impossible de répondre. :-)

 

Les Fleurs du mal, mon cher.

 

Et je vous livre en sus un sonnet assez classique de mon cru (avec l'aide de notre ami le comte), Quarantaine :

 

Quand je peine dans la nuit, et succombe à la haine,

Un soir plein de Picon, fin beurré jusqu'au fond,

Avec tant de flacons, juste entouré de cons,

Rien qu'une fois, rien qu'une, je veux ma quarantaine.

 

Avec une vile ardeur, là voici la vilaine ;

N'étant qu'un sale fardeau, voulant me tourner rond,

Tant qu'à la fin accourent chandelles et violons,

Alors Wodka laisse-moi, seul dans ma quarantaine.

 

Ils voudraient faire de moi le plus vitreux des rois ;

N'en déplaise à certains, ce n'est pas l'adagio,

Ethanol de malheur, ton poison tu distilles.

 

Il ne sera pas dit que je suis ton héraut :

Nous ne ferons plus qu'un, tu finiras en moi,

Enfin triste vainqueur, toi qui fut le plus vil.

 

 

Et une bien plus simple paréchèse :

En effet, c'est un fait, c'est infect.

 

(que j'utilise assez souvent pour dire que quelque chose n'est pas à mon gout. :smug: )

Tssss, c'était une question sur ton humeur. Donc Spleen ET Idéal, visiblement. Sinon, très joli boulot. Il n'y a, à ma connaissance, que le virtuose Major et l'excellent Benache pour croiser ainsi la plume. :-)


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Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour ?

 

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir !

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.

 

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

 

" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;

Il coule, et nous passons ! "

 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,

Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur ?

 

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !

 

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez ?

 

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !

Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !

 

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux.

 

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés.

 

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : Ils ont aimé !

 

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Un petit caillou par moi déposé

Dans ce temple des belles lettres

Par d’esthètes batraciens érigé.

Qui se révèle un travail de maitre,

Une pierre angulaire par Villon ciselée.

 

Bwarf !! Si avec ça j'ai pas ma place au panthéon .....

Mais écoutons plutôt maitre Villon ...

 

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

Villon, Epitaphe Villon ou ballade des pendus

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Ah, François Villon, un sacré drille, le bougre. Et il le savait :

 

Au moins sera de moy mémoire / Telle qu’elle est d’un bon follastre.

 

Il alliait l'art du bon mot, du bon mets, du bon verre et du bon vivre, libre.


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LA MUSE

 

Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les séraphins noirs t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

 

Alfred de Musset


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Adaptation du japonais pour le coller au francais:

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés

Pour nous, pour notre dignité

Et plus important... pour notre crédibilité!

Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.

Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer.

Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer.

N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié.

Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.

 

Soldats, chargez!

Un point à celui qui trouve d'où ca vient.

Edited by MADcompany

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
Soldats, chargez! http://www.wotreplays.com/uploader/MADcompany/id/261408
 

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Adaptation du japonais pour le coller au francais:

Un point à celui qui trouve d'où ca vient.

 

Alors je te cite : "La mienne est une version réarrangée pour rimer en francais du speech tiré d'un poeme japonais de Kaname Chidori avant d'attaquer Sosuke lors de la sortie de la classe d'art dans Full metal panic Fumoffu".  ;-)


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Correct, mais pourquoi un "je te cite", tu l'avais repérée sur le forum de wot et le sujet sur les animes?

Sale tricheur t'as pas gagné de point.

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Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
Soldats, chargez! http://www.wotreplays.com/uploader/MADcompany/id/261408
 

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Correct, mais pourquoi un "je te cite", tu l'avais repérée sur le forum de wot et le sujet sur les animes?

Sale tricheur t'as pas gagné de point.

 

En effet, voilà pourquoi je te cite.  :-)


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Si vous voulez voir la scène

 

https://youtu.be/I9HN6R-q-_0?t=8m18s

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Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
Soldats, chargez! http://www.wotreplays.com/uploader/MADcompany/id/261408
 

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Parfois, il y a de très bons mots dans les anime :

 

"Autrefois, les Arbres et les Hommes étaient Amis"

 

NostalgiaCritic-DisneycemberMyNeighborTo

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C'est même souvent le cas, pour prendre un truc très récent et qui peut parler à beaucoup de gens, ce qu'on appelle maintenant "le discours du gamer", par William Massachusetts dans log horizon. Je pense que ca parlera à n'importe quel gros gamer.

 

https://www.youtube.com/watch?v=rjSiRMtFljA

 

Il y a aussi l'ouverture de Steins;Gate qui laisse présager quelque chose de puissant:

 

L'univers à un début, mais pas de fin - Infini

Les étoiles aussi ont un début, mais sont détruites par leur propre puissance - Fini

L'histoire nous enseigne que se sont les sages qui sont les plus fous

Le poisson dans la mer ne sait rien de la terre, si il acquiert cette connaissance, il sera détruit.

Il est encore plus ridicule pour un homme de dépasser la vitesse de la lumière que pour un poisson de vivre hors de l'eau.

Cela peut être appelé le dernier avertissement de dieu envers ceux qui se révoltent.

 

Et c'est le cas, on parle de manipuler la 4é dimension, le temps, on est loin de la frivolité d'un retour vers le futur. C'est du sérieux et les conséquences sont à la hauteur de ce speech

Edited by MADcompany

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
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Hum j'ai trouvé Innocence moins bon que le 1 philosophiquement parlant.

Un autre dans la même veine très profonde (même si la thématique est différente) alors que d'apparence il est niais, Puella magi madoka magica

 

Après un autre anime qui lui est entièrement rempli de bons mots et de dialogues de très haut niveau tu as la saga monogatari. Ca n'atteint pas la profondeur psychologique d'un Ghost in the shell ou d'un Madoka mais ca les dépasse largement sur le plan de la narration et des dialogues

 

Bref des animes bien péchus il y en a régulièrement d'ailleurs on m'en a conseillé un récent qui vient de finir faut que j'aille le voir, Death parade.


Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
Soldats, chargez! http://www.wotreplays.com/uploader/MADcompany/id/261408
 

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Hum j'ai trouvé Innocence moins bon que le 1 philosophiquement parlant.

Un autre dans la même veine très profonde (même si la thématique est différente) alors que d'apparence il est niais, Puella magi madoka magica

 

Après un autre anime qui lui est entièrement rempli de bons mots et de dialogues de très haut niveau tu as la saga monogatari. Ca n'atteint pas la profondeur psychologique d'un Ghost in the shell ou d'un Madoka mais ca les dépasse largement sur le plan de la narration et des dialogues

 

Bref des animes bien péchus il y en a régulièrement d'ailleurs on m'en a conseillé un récent qui vient de finir faut que j'aille le voir, Death parade.

 

Personnellement, je suis un peu Old School - très sélectif et particulièrement vigilant - pour les produits d'importation du Japon. Un peu comme pour le ciné d'ailleurs. La production est de plus en plus grande, la qualité narrative laisse souvent à désirer au regard des prouesses techniques en matière d'animation. En ce moment, je regarde Mushishi, saison 2 et, avec ma chère et tendre, on regarde un Cobra de temps en temps. :D


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Je met la suite là:

 

https://forum.frogswarm.fr/topic/10426-le-coin-anime/?do=findComment&comment=256763

Edited by MADcompany

Pour nos camarades qui se sont sacrifiés Pour nous, pour notre dignité Et plus important... pour notre crédibilité ! Nous allons maintenant commencer une bataille acharnée.
Si vous croisez quelqu'un, vous devez le tuer. Si vous croisez un dieu, vous devez le tuer. N'acceptez aucune excuse et ne montrez aucune pitié. Ne laissez pas nos pertes nous arrêter.
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C'est alors qu'apparut le renard.
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment Le Petit Prince, qui se tourna mais ne vit rien.

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- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu? dit Le Petit Prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, lui proposa Le Petit Prince. Je suis tellement triste...
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
- Ah! Pardon, fit Le Petit Prince.

Mais après réflexion, il ajouta :
- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?
- Je cherche les hommes, dit Le Petit Prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Il élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "Créer des liens..."
- Créer des liens?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...
- Je commence à comprendre, dit Le Petit Prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...
- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit Le Petit Prince.

 

Le renard parut très intrigué :
- Sur une autre planète ?
- Oui.
- Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?
- Non.
- Ça, c'est intéressant! Et des poules ?
- Non.
- Rien n'est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'aura apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

Le renard se tut et regarda longtemps Le Petit Prince :
- S'il te plaît... apprivoise-moi! dit-il.
- Je veux bien, répondit Le Petit Prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!
- Que faut-il faire? dit Le Petit Prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint Le Petit Prince.

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- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite? dit Le Petit Prince.
- C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurait point de vacances.


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Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah! dit le renard... je pleurerai.
- C'est ta faute, dit Le Petit Prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer! dit Le Petit Prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n'y gagnes rien!
- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta :
- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

 

Le Petit Prince s'en fut revoir les roses.
- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient gênées.
- Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard :
- Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta Le Petit Prince, afin de se souvenir.

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Brise Marine

La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres.

Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai! Steamer balançant ta mâture,

Lève l'ancre pour une exotique nature!

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs!

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages

Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots!

 

Stéphane Mallarmé


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Le dormeur du val

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Arthur Rimbaud


"Je ne suis pas toujours de mon avis." Paul Valéry

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La Chanson du mal-aiméà Paul LéautaudEt je chantais cette romanceEn 1903 sans savoirQue mon amour à la semblanceDu beau Phénix s’il meurt un soirLe matin voit sa renaissance.Un soir de demi-brume à LondresUn voyou qui ressemblait àMon amour vint à ma rencontreEt le regard qu’il me jetaMe fit baisser les yeux de honteJe suivis ce mauvais garçonQui sifflotait mains dans les pochesNous semblions entre les maisonsOnde ouverte de la Mer RougeLui les Hébreux moi PharaonOue tombent ces vagues de briquesSi tu ne fus pas bien aiméeJe suis le souverain d’ÉgypteSa soeur-épouse son arméeSi tu n’es pas l’amour uniqueAu tournant d’une rue brûlantDe tous les feux de ses façadesPlaies du brouillard sanguinolentOù se lamentaient les façadesUne femme lui ressemblantC’était son regard d’inhumaineLa cicatrice à son cou nuSortit saoule d’une taverneAu moment où je reconnusLa fausseté de l’amour mêmeLorsqu’il fut de retour enfinDans sa patrie le sage UlysseSon vieux chien de lui se souvintPrès d’un tapis de haute lisseSa femme attendait qu’il revîntL’époux royal de SacontaleLas de vaincre se réjouitQuand il la retrouva plus pâleD’attente et d’amour yeux pâlisCaressant sa gazelle mâleJ’ai pensé à ces rois heureuxLorsque le faux amour et celleDont je suis encore amoureuxHeurtant leurs ombres infidèlesMe rendirent si malheureuxRegrets sur quoi l’enfer se fondeQu’un ciel d’oubli s’ouvre à mes voeuxPour son baiser les rois du mondeSeraient morts les pauvres fameuxPour elle eussent vendu leur ombreJ’ai hiverné dans mon passéRevienne le soleil de PâquesPour chauffer un coeur plus glacéQue les quarante de SébasteMoins que ma vie martyrisésMon beau navire ô ma mémoireAvons-nous assez naviguéDans une onde mauvaise à boireAvons-nous assez divaguéDe la belle aube au triste soirAdieu faux amour confonduAvec la femme qui s’éloigneAvec celle que j’ai perdueL’année dernière en AllemagneEt que je ne reverrai plusVoie lactée ô soeur lumineuseDes blancs ruisseaux de ChanaanEt des corps blancs des amoureusesNageurs morts suivrons-nous d’ahanTon cours vers d’autres nébuleusesJe me souviens d’une autre annéeC’était l’aube d’un jour d’avrilJ’ai chanté ma joie bien-aiméeChanté l’amour à voix virileAu moment d’amour de l’annéeGuillaume Apollinaire, Alcools, 1913

Le ChatJe souhaite dans ma maison :Une femme ayant sa raison,Un chat passant parmi les livres,Des amis en toute saisonSans lesquels je ne peux pas vivre.Guillaume Apollinaire

Fail


"Je ne suis pas toujours de mon avis." Paul Valéry

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Le dormeur du val

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Arthur Rimbaud

 

Sonnet, alexandrins, rimes riches, allégorie... Tout y est. Le premier pas vers une saison infernale.  ;-)


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Avis aux poètes en herbe : ça pourrait être sympa de réfléchir à

-un texte qui pourrait servir de propagande dans un style pourtant littérraire

-des paroles pour un hymne officiel (plus le thème derrière auquel il faudrait réfléchir aussi)


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#PasContent

 

Sauvegarde de décembre 2015 :

 

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Un petit coup d'Alphonse Allais:

 

Complainte Amoureuse

 

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

 

:-D

Edited by MajorDSaster2000

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Un petit coup d'Alphonse Allais:

 

Complainte Amoureuse (d'un amoureux des conjugaisons abstruses)  :D

 


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Avis aux poètes en herbe : ça pourrait être sympa de réfléchir à

-un texte qui pourrait servir de propagande dans un style pourtant littérraire

-des paroles pour un hymne officiel (plus le thème derrière auquel il faudrait réfléchir aussi)

 

Mais fonce, Blaast ! Lance -toi.  :-)

Tiens, allez, une inspiration de Monsieur de la Fontaine :

 

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

 

Une Grenouille vit un boeuf

Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,

Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,

Pour égaler l'animal en grosseur,

Disant : "Regardez bien, ma soeur ;

Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?

- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?

- Vous n'en approchez point. "La chétive pécore

S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,

Tout petit prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

Edited by La Pérouse

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Non, mes rimes sont pauvres et je n'arrive pas à me limiter en syllabes :/


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#PasContent

 

Sauvegarde de décembre 2015 :

 

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Et une autre inspiration de mon modèle en matière de TLDR :

 

Le crapaud

Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C'était la fin d'un jour d'orage, et l'occident
Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur.
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
Hélas ! le bas-empire est couvert d'Augustules,
Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
Les feuilles s'empourpraient dans les arbres vermeils ;
L'eau miroitait, mêlée à l'herbe, dans l'ornière ;
Le soir se déployait ainsi qu'une bannière ;
L'oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s'apaisait, dans l'air, sur l'onde ; et, plein d'oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n'ait un reflet d'infini ;
Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
L'éclair d'en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
Qui n'ait l'immensité des astres dans les yeux.
Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
C'était un prêtre ayant un livre qu'il lisait ;
Puis une femme, avec une fleur au corset,
Vint et lui creva l'œil du bout de son ombrelle ;
Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
– J'étais enfant, j'étais petit, j'étais cruel ; –
Tout homme sur la terre, où l'âme erre asservie,
Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
On a le jeu, l'ivresse et l'aube dans les yeux,
On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
De petits hommes gais, respirant l'atmosphère
À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
Sinon de torturer quelque être malheureux ?
Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C'était l'heure où des champs les profondeurs s'azurent ;
Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l'aperçurent
Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu'il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d'eux, riant, – l'enfant rit quand il tue, –
Se mit à le piquer d'une branche pointue,
Élargissant le trou de l'œil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l'ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n'a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d'être laid ;
Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d'une pelle ébréchée ;
Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
Même sous le grand ciel, rampe au fond d'une cave ;
Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
On eût dit qu'il sortait de quelque affreuse serre ;
Oh ! la sombre action, empirer la misère !
Ajouter de l'horreur à la difformité !
Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu'elle le refusait ;
Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
L'ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s'y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l'homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s'étaient jamais tant divertis ;
Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
Allons pour l'achever prendre une grosse pierre ! »
Tous ensemble, sur l'être au hasard exécré,
Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
Regardait s'incliner sur lui ces fronts horribles.
– Hélas ! ayons des buts, mais n'ayons pas de cibles ;
Quand nous visons un point de l'horizon humain,
Ayons la vie, et non la mort, dans notre main. –
Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
C'était de la fureur et c'était de l'extase ;
Un des enfants revint, apportant un pavé,
Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
Le hasard amenait un chariot très lourd
Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
Après un jour de marche approchait de l'étable ;
Il roulait la charrette et portait un panier ;
Chaque pas qu'il faisait semblait l'avant-dernier ;
Cette bête marchait, battue, exténuée ;
Les coups l'enveloppaient ainsi qu'une nuée ;
Il avait dans ses yeux voilés d'une vapeur
Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
Et l'ornière était creuse, et si pleine de boue
Et d'un versant si dur que chaque tour de roue
Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
Et l'âne allait geignant et l'ânier blasphémant ;
La route descendait et poussait la bourrique ;
L'âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l'homme ne va pas.

Les enfants entendant cette roue et ce pas,
Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
« Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
Et va passer dessus, c'est bien plus amusant. »

Tous regardaient. Soudain, avançant dans l'ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L'âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
Résistant à l'ânier qui lui criait : Avance !
Maîtrisant du fardeau l'affreuse connivence,
Avec sa lassitude acceptant le combat,
Tirant le chariot et soulevant le bât,
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.

Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

Bonté de l'idiot ! diamant du charbon !
Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
Les célestes n'ont rien de plus que les funèbres
Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
Songent, et, n'ayant pas la joie, ont la pitié.
Ô spectacle sacré ! l'ombre secourant l'ombre,
L'âme obscure venant en aide à l'âme sombre,
Le stupide, attendri, sur l'affreux se penchant,
Le damné bon faisant rêver l'élu méchant !
L'animal avançant lorsque l'homme recule !
Dans la sérénité du pâle crépuscule,
La brute par moments pense et sent qu'elle est sœur
De la mystérieuse et profonde douceur ;
Il suffit qu'un éclair de grâce brille en elle
Pour qu'elle soit égale à l'étoile éternelle ;
Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
Fait quelques pas de plus, s'écarte et se dérange
Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
Crois, pleure, abîme-toi dans l'insondable amour !
Quiconque est bon voit clair dans l'obscur carrefour ;
Quiconque est bon habite un coin du ciel. Ô sage,
La bonté, qui du monde éclaire le visage,
La bonté, ce regard du matin ingénu,
La bonté, pur rayon qui chauffe l'inconnu,
Instinct qui, dans la nuit et dans la souffrance, aime,
Est le trait d'union ineffable et suprême
Qui joint, dans l'ombre, hélas ! si lugubre souvent,
Le grand innocent, l'âne, à Dieu le grand savant.

 

:emot-worship:  (Respect, Victor ! T'étais l'meilleur) 


Non, mes rimes sont pauvres et je n'arrive pas à me limiter en syllabes :/

 

C'est toujours le premier pas qui compte (comme disait Stephen Hawkins).


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Pour maintenir le moral au cours de cette guerre, pour la justifier, on a menti cyniquement en disant qu’on luttait uniquement pour le triomphe du Droit et de la Justice, qu’on n’était guidés par aucune ambition, aucune convoitise coloniale ou intérêts financiers et commerciaux.
On a menti en nous disant qu’il fallait aller jusqu’au bout pour que ce soit la dernière des guerres. On a menti en disant que nous, les poilus, nous voulions la continuation de la guerre pour venger les morts, pour que nos sacrifices ne soient pas inutiles.
On a menti ... mais je renonce à écrire tous les mensonges sortis de la bouche ou sous la plume de nos gouvernants ou journalistes.
La victoire a fait tout oublier, tout absoudre ; il la fallait coûte que coûte à nos maîtres pour les sauver, et pour l’avoir ils auraient sacrifié toute la race, comme disait le général de Castelnau.
Et dans les villages on parle déjà d’élever des monuments de gloire, d’apothéose aux victimes de la grande tuerie, à ceux, disent les patriotards, qui « ont fait volontairement le sacrifice de leur vie », comme si les malheureux avaient pu choisir, faire différemment.
Je ne donnerai mon obole que si ces monuments symbolisaient une véhémente protestation contre la guerre, l’esprit de la guerre et non pour exalter, glorifier une telle mort afin d’inciter les générations futures à suivre l’exemple de ces martyrs malgré eux.
Ah ! si les morts de cette guerre pouvaient sortir de leur tombe, comme ils briseraient ces monuments d’hypocrite pitié, car ceux qui les y élèvent les ont sacrifiés sans pitié. Car qui a osé crier : « Assez de sang versé ! assez de morts ! assez de souffrances ! » ?
Qui a osé refuser son or, son argent, ses papiers, publiquement, aux emprunts de guerre, pour faire durer la guerre ?
Revenu au sein de ma famille après des années de cauchemar, je goûte la joie de vivre, de revivre plutôt. J’éprouve un bonheur attendri à des choses auxquelles, avant, je ne faisais nul cas : m’asseoir à mon foyer, à ma table, coucher dans mon lit, chassant le sommeil pour entendre le vent heurter les volets, lutter avec les grands platanes voisins, entendre la pluie frapper inoffensive aux carreaux, contempler une nuit étoilée, sereine, silencieuse ou, par une nuit sans lune, sombre, évoquer les nuits pareilles passées là-haut [...]
Souvent je pense à mes très nombreux camarades tombés à mes côtés. J’ai entendu leurs imprécations contre la guerre et ses auteurs, la révolte de tout leur être contre leur funeste sort, contre leur assassinat. Et moi, survivant, je crois être inspiré par leur volonté en luttant sans trêve ni merci jusqu’à mon dernier souffle pour l’idée de paix et de fraternité humaine.

 

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Louis Barthas, un tonnelier de l'Aude qui avait à peine le certif'.


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c'est très beau.


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In Frog We Trust - "Un bannissement c'est une tragédie. 1000, c'est une statistique !"

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- "La grenouille au fond d'un puits ne sait rien de la haute mer !" (Proverbe chinois)
- un grand merci à Dictateur pour ma signature

 

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Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir,
J’ai tellement de choses à faire et à voir
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années,
Je vous ai donné mon amitié,
Vous pouvez seulement deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté.
Je vous remercie de l’amour que chacun m’avez démontré,
Maintenant, il est temps de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur,
Je ne suis pas loin, et la vie continue...
Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai,
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous éprouverez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.
Absent de mon corps, présent avec Dieu.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
je ne suis pas là, je ne dors pas,
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement
des cristaux de neige,
Je suis la lumière que traverse
les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit,
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là,
Je ne suis pas mort.

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Moi je m'appelle Lolita
Lo ou bien Lola
Du pareil au même
Moi je m'appelle Lolita
Quand je rêve aux loups
C'est Lola qui saigne
Quand fourche ma langue
J'ai là un fou rire
Aussi fou qu'un phénomène
Je m'appelle Lolita
Lo de vie, lo aux amours diluviennes

{Refrain:}
C'est pas ma faute
Et quand je donne ma langue au chat
Je vois les autres
Tout prêts à se jeter sur moi
C'est pas ma faute à moi
Si j'entends tout autour de moi
Hello, helli, t'es A (L.O.L.I.T.A.)
Moi Lolita

Moi je m'appelle Lolita
Collégienne aux bas
Bleus de méthylène
Moi je m'appelle Lolita
Coléreuse et pas
Mi-coton, mi-laine
Motus et bouche qui n'dit pas
A maman que je
Suis un phénomène
Je m'appelle Lolita
Lo de vie, lo aux amours diluviennes

{Refrain, x2}

LO-LI-TA {x8}

{Refrain, x3}


               ruban_honneur.gif

ruban_5ans.gifruban_anonyfrog.pngruban_wot.png Frogwebel Anschluss Kompanie Ersatz
eQlHBqfnLnhgE.pngruban_anschluss.pngruban_vb1o.gifCapitaine du FURHA - proud ex-member of the faboulus and wonderfull GREEN TEAM

cjlfOBbAmfgNm.jpgHofBoLpGeEChA.png
Ceci n'est pas une signature modérée : FU AnonyFrog

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*En MaCouille nuance


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Sauvegarde de décembre 2015 :

 

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Pas conne, l'idée de Maïcool. Je reprends :

 

Hello darkness, my old friend,
I've come to talk with you again,
Because a vision softly creeping,
Left its seeds while I was sleeping,
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sound of silence.

In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone,
'Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night
And touched the sound of silence.

And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more.
People talking without speaking,
People hearing without listening,
People writing songs that voices never share
And no one dared
Disturb the sound of silence.

"Fools, said I, you do not know –
Silence like a cancer grows.
Hear my words that I might teach you.
Take my arms that I might reach you".
But my words like silent raindrops fell
And echoed in the wells of silence

And the people bowed and prayed
To the neon god they made.
And the sign flashed out its warning
In the words that it was forming.
And the sign said : the words of the prophets are written on the subway walls
And tenement halls
And whispered in the sound of silence.


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Amusant message caché dans cette missive de George Sand à Alfred de Musset :

 

Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me

mettre.


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J'en avais lu un qui marchait deux fois.

 

Il me semble qu'il est d'elle (et que je l'avais étudié en terminale, lol)


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Sauvegarde de décembre 2015 :

 

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Je ne sais pas vraiment s'il est bien d'elle ; la postérité semble discutée. Mais c'est un bel exemple de stéganographie.

La réponse prêtée à de Musset - un bel acrostiche - n'est pas mal non plus :

 

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un cœur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.


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Un chant écrit par un boer, euh pardon, aujourd'hui on dit un afrikaan.

 

Ô Sari Marais belle amie d'autrefois

En moi tu demeures vive

L'amour est plus fort que la pluie

Et que le vent

Qui peut arrêter son élan.

 

Refrain :

 

Je veux revoir mon vieux Transvaal

Ma ferme au toit de chaume

Où le  parfum du miel

Et les conifère embaument,

L'air pur est clair comme un cristal.

Où le  parfum du miel

Et le conifère embaument,

L'air pur est clair comme un cristal.

 

Ô Sari Mares est si bien de mon cœur,

Mais je crois en son amour,

Car c'est entre ses mains,

Que j'ai connu mon bonheur,

J'irai la revoir un jour.

 

Refrain

 

Lorsque j'étais petit, je croyais qu'un démon

Viendrait me ravir à ma maison,

Mais lorsque je fus grand,

Ce fut une horrible guerre,

Qui m'emmena loin de mes terres.

 

Refrain

 

Jacobus Toerien

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Lorsque j'étais petit, je croyais qu'un démon

Viendrait me ravir à ma maison,

 

Jacobus Toerien

Le pauvre, il est tombé sur le pire des maux du siècle : un Anglais (comme pour Avenger, je mets une majuscule, mais je n'en pense pas moins...)


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C'EST ICI L'USINE A FLOOD ?

 

 

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Le pauvre, il est tombé sur le pire des maux des siècles : un Anglais (comme pour Avenger, je mets une majuscule, mais je n'en pense pas moins...)

 

 

L'Anglais post-victorien ou pré-victorien est un petit joueur...

 

Joli texte, en tout cas. J'avais posté un sujet sur la guerre des Boers sur mon FB un matin ensoleillé pour pourrir la journée de mes contacts. Je vais de ce pas le re-poster du côté des anecdotes.

Edited by La Pérouse

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C'EST ICI L'USINE A FLOOD ?

 

 

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:ughh:


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Sauvegarde de décembre 2015 :

 

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Poésie dadaïste ?

 

Intéressant.


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l

l

e

z

l

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v

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r

t

s

 

Je croyais que tu en avais marre du trolling ?


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"Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois,
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : "Grouchy !" - C'était Blücher"

 

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Edited by AnonyFrog
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Je vous fait partager quelques bons mots issus des traditions de l'Ecole navale. Ce sont des "phrases tradies", des petites historiettes que l'on doit apprendre par cœur sous peine de nettoyer les canons un peu plus longtemps lors des "périodes d'apprentissage des traditions".

 

 

 

Que fit Monsieur d'Auribeau ?

 

Trois virements de bord consécutifs ayant successivement échoué, au large des côtes de Nouvelle Calédonie, qu’un quatrième vint à manquer, c’en était fait de la Recherche qui n’était plus qu’à deux encablures des écueils. La frégate était perdue. Monsieur d’Auribeau fit rassembler tout l’équipage le long des galhaubans tribord arrière, larguer la bouline, choquer la boulinette, donner du mou dans l’écoute de misaine, et le quatrième virement de bord s’effectua dans le plus grand silence.

 

 

 

Que firent Alcibiade et Astachios ?

 

Alcibiade et Astachios débarquèrent un jour sur l'île de Lemnos. Ils y trouvèrent une fille d'une grande beauté nommée Astarté. Ils en usèrent et abusèrent tour à tour, tant et si bien qu'ils en eurent une fille qu'il nommèrent Astarté en souvenir de sa mère. Lorsqu'elle fut nubile, ils en usèrent et abusèrent tour à tour. Mais quand Alcibiade couchait avec Astarté, il la disait fille d'Astachios, et quand Astachios couchait avec Astarté, il la disait fille d'Alcibiade. Et ainsi les convenances étaient respectées.


"Je ne suis pas toujours de mon avis." Paul Valéry

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Je vous fait partager quelques bons mots issus des traditions de l'Ecole navale. Ce sont des "phrases tradies", des petites historiettes que l'on doit apprendre par cœur sous peine de nettoyer les canons un peu plus longtemps lors des "périodes d'apprentissage des traditions".

 

 

 

Que fit Monsieur d'Auribeau ?

 

Trois virements de bord consécutifs ayant successivement échoué, au large des côtes de Nouvelle Calédonie, qu’un quatrième vint à manquer, c’en était fait de la Recherche qui n’était plus qu’à deux encablures des écueils. La frégate était perdue. Monsieur d’Auribeau fit rassembler tout l’équipage le long des galhaubans tribord arrière, larguer la bouline, choquer la boulinette, donner du mou dans l’écoute de misaine, et le quatrième virement de bord s’effectua dans le plus grand silence.

 

 

 

Que firent Alcibiade et Astachios ?

 

Alcibiade et Astachios débarquèrent un jour sur l'île de Lemnos. Ils y trouvèrent une fille d'une grande beauté nommée Astarté. Ils en usèrent et abusèrent tour à tour, tant et si bien qu'ils en eurent une fille qu'il nommèrent Astarté en souvenir de sa mère. Lorsqu'elle fut nubile, ils en usèrent et abusèrent tour à tour. Mais quand Alcibiade couchait avec Astarté, il la disait fille d'Astachios, et quand Astachios couchait avec Astarté, il la disait fille d'Alcibiade. Et ainsi les convenances étaient respectées.

 

Haaaaaaaaaaa... Ca explique beaucoup de choses à propos de la Marine (oui, là, c'est une litote, un euphémisme et presque une parabole). 


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Haaaaaaaaaaa... Ca explique beaucoup de choses à propos de la Marine (oui, là, c'est une litote, un euphémisme et presque une parabole). 

ce n'est pas mieux dans les unités blindées

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I met a traveller from an antique land
Who said: "Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them, on the sand,
Half sunk, a shattered visage lies, whose frown,

And wrinkled lip, and sneer of cold command,
Tell that its sculptor well those passions read,
Which yet survive, stamped on these lifeless things,
The hand that mocked them and the heart that fed,

And on the pedestal these words appear:
'My name is Ozymandias, king of kings:
Look on my works, Ye Mighty, and despair!'

Nothing beside remains. Round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away."

 

BM,_AES_Egyptian_Sulpture_~_Colossal_bus


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J'aime aussi celui de son concurrent, publié un mois après, dans la même librairie.

 

In Egypt's sandy silence, all alone,

Stands a gigantic Leg, which far off throws

The only shadow that the Desert knows: –

"I am great OZYMANDIAS," saith the stone,

"The King of Kings; this mighty City shows

"The wonders of my hand." – The City's gone, –

Nought but the Leg remaining to disclose

The site of this forgotten Babylon.

 

We wonder, – and some Hunter may express

Wonder like ours, when thro' the wilderness

Where London stood, holding the Wolf in chace,

He meets some fragments huge, and stops to guess

What powerful but unrecorded race

Once dwelt in that annihilated place.

 

(rien que parce qu'il y a une image de Londres en ruine. :-D)

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(rien que parce qu'il y a une image de Londres en ruine. :-D)

 

Ca doit se trouver facilement ça! ;-)


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Ces jours qui te semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
[...]
Patient, patience,
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr!


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"Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir.

 

On a compris déjà que Sisyphe est le héros absurde. Il l'est autant par ses passions que par son tourment. Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l'être s'emploie à ne rien achever. C'est le prix qu'il faut payer pour les passions de cette terre. On ne nous dit rien sur Sisyphe aux enfers. Les mythes sont faits pour que l'imagination les anime. Pour celui-ci, on voit seulement tout l'effort d'un corps tendu pour soulever l'énorme pierre, la rouler et l'aider à gravir une pente cent fois recommencée; on voit le visage crispé, la joue collée contre la pierre, le secours d'une épaule qui reçoit la masse couverte de glaise, d'un pied qui la cale, la reprise à bout de bras, la sûreté toute humaine de deux mains pleines de terre. Tout au bout de ce long effort mesuré par l'espace sans ciel et le temps sans profondeur, le but est atteint. Sisyphe regarde alors la pierre dévaler en quelques instants vers ce monde inférieur d'où il faudra la remonter vers les sommets. Il redescend dans la plaine.

 

C'est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m'intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même! Je vois cet homme redescendre d'un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin. Cette heure qui est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur, cette heure est celle de la conscience. A chacun de ces instants, où il quitte les sommets et s'enfoncé peu à peu vers les tanières des dieux, il est supérieur à son destin. Il est plus fort que son rocher.

 

Si ce mythe est tragique, c'est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l'espoir de réussir le soutenait? L'ouvrier d'aujourd'hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n'est pas moins absurde. Mais il n'est tragique qu'aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté connaît toute l'étendue de sa misérable condition: c'est à elle qu'il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consomme du même coup sa victoire. Il n'est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris.

 

Si la descente ainsi se fait certains jours dans la douleur, elle peut se faire aussi dans la joie. Ce mot n'est pas de trop. J'imagine encore Sisyphe revenant vers son rocher, et la douleur était au début. Quand les images de la terre tiennent trop fort au souvenir, quand l'appel du bonheur se fait trop pressant, il arrive que la tristesse se lève au coeur de l'homme: c'est la victoire du rocher, c'est le rocher lui-même. L'immense détresse est trop lourde à porter. Ce sont nos nuits de Gethsémani. Mais les vérités écrasantes périssent d'être reconnues. Ainsi, Oedipe obéit d'abord au destin sans le savoir. A partir du moment où il sait, sa tragédie commence. Mais dans le même instant, aveugle et désespéré, il reconnaît que le seul lien qui le rattache au monde, c'est la main fraîche d'une jeune fille. Une parole démesurée retentit alors: "Malgré tant d'épreuves, mon âge avancé et la grandeur de mon âme me font juger que tout est bien." L'Œdipe de Sophocle, comme le Kirilov de Dostoïevski, donne ainsi la formule de la victoire absurde. La sagesse antique rejoint l'héroïsme moderne.

 

On ne découvre pas l'absurde sans être tenté d'écrire quelque manuel du bonheur. "Eh! quoi, par des voies si étroites...?" Mais il n'y a qu'un monde. Le bonheur et l'absurde sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables. L'erreur serait de dire que le bonheur naît forcément de la découverte absurde. Il arrive aussi bien que le sentiment de l'absurde naisse du bonheur. "Je juge que tout est bien", dit Oedipe, et cette parole est sacrée. Elle retentit dans l'univers farouche et limité de l'homme. Elle enseigne que tout n'est pas, n'a pas été épuisé. Elle chasse de ce monde un dieu qui y était entré avec l'insatisfaction et le goût des douleurs inutiles. Elle fait du destin une affaire d'homme, qui doit être réglée entre les hommes.

 

Toute la joie silencieuse de Sisyphe est là. Son destin lui appartient. Son rocher est sa chose. De même, l'homme absurde, quand il contemple son tourment, fait taire toutes les idoles. Dans l'univers soudain rendu à son silence, les mille petites voix émerveillées de la terre s'élèvent. Appels inconscients et secrets, invitations de tous les visages, ils sont l'envers nécessaire et le prix de la victoire. Il n'y a pas de soleil sans ombre, et il faut connaître la nuit. L'homme absurde dit oui et son effort n'aura plus de cesse. S'il y a un destin personnel, il n'y a point de destinée supérieure ou du moins il n'en est qu'une dont il juge qu'elle est fatale et méprisable. Pour le reste, il se sait le maître de ses jours. A cet instant subtil où l'homme se retourne sur sa vie, Sisyphe, revenant vers son rocher, contemple cette suite d'actions sans lien qui devient son destin, créé par lui, uni sous le regard de sa mémoire et bientôt scellé par sa mort. Ainsi, persuadé de l'origine toute humaine de tout ce qui est humain, aveugle qui désire voir et qui sait que la nuit n'a pas de fin, il est toujours en marche. Le rocher roule encore.

 

Je laisse Sisyphe au bas de la montagne! On retrouve toujours son fardeau. Mais Sisyphe enseigne la fidélité supérieure qui nie les dieux et soulève les rochers. Lui aussi juge que tout est bien. Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."

 

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Shūzō Kuki

 

Je ne le connaissais pas. Tu as un extrait ? Un p'tit quelque chose ?


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tss la poésie ... la violence c'est mieux :ackrage:

 

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Ça a toujours rendu le monde meilleur, t'as raison (en tout cas, tu penses avoir raison jusqu'au jour où tu deviens trop vieux ; je te conseille la lecture du K, de Buzzati).


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La violence est - et reste - l'ultime refuge de l'incompétence (comme le chantait Chris Isaak Asimov).


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J'préfére être violent, incompétent et compris, que peace&love et incompris (true story inside) :-]


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eQlHBqfnLnhgE.pngruban_anschluss.pngruban_vb1o.gifCapitaine du FURHA - proud ex-member of the faboulus and wonderfull GREEN TEAM

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J'préfére être violent, incompétent et compris, que peace&love et incompris (true story inside) :-]

 

Huh !? Violent, incompétent et compris ? Tu es donc interné ???

Sinon, le juste milieu... non ?


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c'est un peu le symétrique de Bergson. Philosophe japonais venu en France pendant l'ère meiji. Ils sont pas beaucoup.

 

http://philosophiejaponaise.blogspot.fr/2014/09/bibliographie-kuki-shuzo-1888-1945_13.html?m=1

 

 

C'est dans "propos sur le temps" qu'il développe l'idée que Sisyphe trouve son bonheur dans la répétition infinie d'une tâche. C'est pas très surprenant de la part d'un japonais, notez.

 

Kuki Shūzō, Propos sur le temps : « Sisyphe devrait être heureux, étant capable de la répétition perpétuelle de l'insatisfaction."

 

Camus lui a emprunté l'idée, pour en faire un des trois archétypes de son essai : le héros absurde, le suicidaire, le croyant.


"Je ne suis pas toujours de mon avis." Paul Valéry

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c'est un peu le symétrique de Bergson. Philosophe japonais venu en France pendant l'ère meiji. Ils sont pas beaucoup.

 

http://philosophiejaponaise.blogspot.fr/2014/09/bibliographie-kuki-shuzo-1888-1945_13.html?m=1

 

 

C'est dans "propos sur le temps" qu'il développe l'idée que Sisyphe trouve son bonheur dans la répétition infinie d'une tâche. C'est pas très surprenant de la part d'un japonais, notez.

 

Kuki Shūzō, Propos sur le temps : « Sisyphe devrait être heureux, étant capable de la répétition perpétuelle de l'insatisfaction."

 

Camus lui a emprunté l'idée, pour en faire un des trois archétypes de son essai : le héros absurde, le suicidaire, le croyant.

 

Marrant, en effet, de remonter aux sources d'une icône de l'Existentialisme et de découvrir qu'une de ses inspirations est japonaise (même si cette dernière a comme creuset de réflexion la philosophie française).

 

En tout cas, le bon Kuki ne semble guère avoir été entendu ou compris (nul n'est prophète...). Son paradigme est en porte-à-faux avec le développement de la mystique impériale nippone.

 

Je ne connaissais pas le bougre. Merci pour le lien, cap'taine.


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Quand on a les deux pieds dans la merdasse immonde de l'humanité putride depuis deux bonnes dizaines d'années, vos couillonnades philosophiques, scusez moi d'vous l'faire remarquer, mais c'est peau d'balle :smug:


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Bah c'est sur que dans un pays où la religion dominante est une forme de patriotisme exacerbé, les orientations philosophiques décidées par le pouvoir ont un poids important.

 

Les japonais ont vécu isolés pendant près d'un siècle (je suis pas sûr de la durée, faudrait un spécialiste). Quand ils ont découvert les philosophes occidentaux, avec l'ère meiji, ils ont très vite adoptés la philosophie allemande. Ils n'ont rencontré l'existentialisme que vers 1910. Trop tard.

 

A ce propos : ontologie phénoménologique aux PTT :

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Quand on a les deux pieds dans la merdasse immonde de l'humanité putride depuis deux bonnes dizaines d'années, vos couillonnades philosophiques, scusez moi d'vous l'faire remarquer, mais c'est peau d'balle :smug:

 

P'tain... j'étais bourré cette nuit... scusez moi, j'voulais pas vexer :hide:


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Et en plus, ivre, tu écris mieux que la moitié des autochtones de la mare. Va falloir que tu arrêtes de te faire passer pour un insouciant (coloriste de surcroît).


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« Ces Indiens, qui se désignaient eux-mêmes du nom de Mundé, n'avaient jamais été mentionnés dans la littérature ethnographique. Ils parlent une langue joyeuse où les mots se terminent par des syllabes accentuées : zip, zep, pep, zet, tap, kat, soulignant leurs discours comme des coups de cymbales. (…) J'ai passé chez eux une plaisante semaine, car rarement hôtes se sont montrés plus simples, plus patients et plus cordiaux (…).
Pourtant, cette aventure commencée dans l'enthousiasme me laissait une impression de vide.
J'avais voulu aller jusqu'à l'extrême pointe de la sauvagerie ; n'étais-je pas comblé, chez ces gracieux indigènes que nul n'avait vus avant moi, que personne peut-être ne verrait plus après ? Au terme d'un exaltant parcours, je tenais mes sauvages. Hélas, ils ne l'étaient que trop. Leur existence ne m'ayant été révélée qu'au dernier moment, je n'avais pu leur réserver le temps indispensable pour les connaître. Les ressources mesurées dont je disposais, le délabrement physique où nous nous trouvions mes compagnons et moi-même (…) ne me permettaient qu'une brève école buissonnière au lieu de mois d'études. Ils étaient là, tout prêts à m'enseigner leurs coutumes et leurs croyances et je ne savais pas leur langue. Aussi proches de moi qu'une image dans le miroir, je pouvais les toucher, non les comprendre. Je recevais du même coup ma récompense et mon châtiment. Car n'était-ce pas ma faute et celle de ma profession de croire que des hommes ne sont pas toujours des hommes ? »

 
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Ben dis donc... il a voyagé l'Abbé Pierre o_O


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Ben dis donc... il a voyagé l'Abbé Pierre o_O

T'es sérieux ? :D. :D.


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